Je ne te dirai pas que je t’aime tout de suite.

Je ne te dirai pas que je t’aime tout de suite.

Je ne peux pas, je ne veux pas.

J’ai pas envie qu’on se dise « Je t’aime” comme on dit « Bonjour », j’ai pas envie qu’on se dise trop “Je t’aime” tout de suite, que ça soit trop facile, trop vite. J’ai encore envie de garder en moi cette angoisse présente chaque fois que je te regarde et que l’envie me prend de te dire que je t’aime. Je veux encore un peu le penser et le faire mijoter quand tu me regardes doucement, quand je ne suis pas trop sûre si je peux te le dire. Je trouve ces « Je t’aime » qui sont encore rares et timides beaucoup plus beaux que ceux qu’on se crie d’un bord et de l’autre d’une pièce sans même un regard.

Je sais que tu ne penses pas nécessairement comme moi, que tu as le « Je t’aime » plus facile et que tu aimes, tout simplement. Mais il ne faut pas m’en vouloir si je te le cache comme un grand secret et que j’ai de la misère à te le dire comme une grande nouvelle. J’ai de la difficulté à prononcer ces mots, je le sais, je ne le regrette pas, du moins pas souvent. J’veux que ça m’enflamme le ventre et que ça me brûle la langue de me retenir de te le dire, de la même façon que l’on vit les attentes du premier baiser où le chemin pour se rendre aux lèvres de l’autre est plein d’espoirs et la manière que ça a de te chatouiller dans l’ventre.

Je vais te cogiter un « Je t’aime » tel un de ces petits jouets que tu crinques et je vais tellement te le crinquer qu’une fois terminé, mes paroles vont spinner jusqu’à tes oreilles du premier essai.

Je veux te donner un “Je t’aime” en entier, pas mâché.

Pour le moment, ces mots sont trop gros, pris dans ma poitrine. Je les sens prendre de l’ampleur, me compresser les poumons, faire craquer ma cage et je les retiens. Je n’ai qu’un coeur, qu’un “Je t’aime”, je veux te les dire quand je n’en pourrai plus de ne pas l’exprimer, quand ce sera la seule option qui me restera et quand ils sortiront par eux-même. Lorsqu’à force de me griffer les parois pour sortir, ils réussissent, qu’ils me vainquent, me conquièrent.

Photo de couverture: Prue Stent

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One comment

  1. J’adore l’authenticité de tes textes. Celui-ci spécialement, ma gorge s’est resserrée d’émotion en le lisant car jamais je n’avais pu autant me reconnaitre et m’associer a un texte. C’etait agreable de voir si bien décrit ces sentiments qui sont si durs a expliquer. Bravo, j’adore ton blog je continue a reculer dans tes posts et je suis maintenent une heureuse abonnee de ton blog 🙂

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