Au revoir, M. Cohen

J’suis fâchée de pas pouvoir passer un moment seule avec vous, fâchée d’avoir retrouvé devant votre chez-vous une trentaine de personnes et des journalistes. Ça ne faisait pas ben longtemps que je savais où vous habitiez. J’avais l’intention de venir m’en inspirer. Je ne l’ai jamais fait. J’aurais voulu pouvoir m’asseoir et regarder longuement le paysage entourant votre maison. Ce paysage qui vous a peut-être inspiré, qui vous a certainement forgé. J’aurais sûrement pleuré un peu, malgré que je trouve ça con. Un moment silencieux entre vous, moi et mes larmes.

Tout ça est vraiment triste, mais beau aussi; poétique. Puis, j’imagine que c’est un peu de cette façon-là que vous vouliez partir, avec un dernier album, dans du triste beau. Un dernier album dans un dernier souffle. Vous aviez dit dernièrement que vous étiez prêt à mourir. Je ne le savais même pas. Je me sens d’autant plus mal d’être affectée comme ça par votre décès. Je vous ai cru éternel. Les monuments sont faits pour rester.

Pour moi, vous étiez ce rêve. L’incarnation d’un vrai artiste et d’une légende. Cette année a été rough pour les artistes. Vous étiez l’une de ces rares légendes encore vivante. Vous avez vécu le noir et blanc, les écrits sur du papier et avez même rencontré Janis dans un ascenseur de l’Hôtel Chelsea. Elle vous a inspirée, vous avez écrit et chanté l’histoire que vous aviez partagée ensemble l’instant d’un moment. Cette chanson est ma favorite, j’ai l’impression de comprendre toute la poésie derrière cette nuit-là.

Je suis triste que vous soyez parti. Ça me fait mal, parce qu’égoïstement,  ça me rappelle que je suis loin d’être une artiste comme vous. Je ne sais pas toujours comment écrire mon triste beau à moi et les nuits passées à l’hôtel qui m’inspirent. Je ne sais pas dédier ma vie à l’art comme vous l’avez fait. J’ai peur que moi, ma vie ne soit jamais poétique comme la vôtre,  d’être comme les autres et de mourir comme les autres. J’ai peur de ne pas laisser de trace lorsque je vais mourir, de ne pas avoir de dernier cri du cœur à offrir…

Je crois bien, M. Cohen, que tout ça me sert de leçon et que maintenant, chaque automne mélancolique vont me rappeler ce moment où j’ai marché jusqu’à votre demeure pour vous rendre un hommage,  et que cet hommage ne sera pas le dernier que je vous rendrai.

Au revoir, M. Cohen.

 

leonard cohen au revoir

Advertisements

Dites-moi ce que vous en pensez!

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s