Tes shades de gris

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Illustration par Sophie Carrier

La vie serait plus facile en noir et blanc. Genre avec le contraste dans le tapis, pas de ton de gris. Je n’aime pas l’entre-deux, qu’il soit gris anthracite, gris perle ou gris argent. Les gens devraient être tout noirs ou tout blancs. Les cons devraient être plus cons et les gentils devraient être plus gentils, mais ce n’est jamais aussi simple. Quand tu t’attends à ce que quelqu’un soit bien, il est toujours un peu con. Quand tu t’attends au contraire, ce n’est jamais exactement ça non plus. Mon problème avec les shades, c’est que je n’arrive pas à en saisir les nuances, à nommer toutes les différentes teintes de gris. Y’a combien de gouttes de blanc dans ton noir ? À quel point t’es gris ? Dirais-tu que tu tires un peu plus sur le blanc ou un ti peu plus sur le noir ? Pourquoi y’a fallu que tu blendes toutes les couleurs ensemble aussi, maintenant j’peux pu voir les gouttes qui te salissent, elles sont devenues un tout. Elles rendent difficile de te lire.

On devrait pouvoir se dire que l’on se désire complètement ou pas pantoute, pas de j’veux mais c’est compliqué. Je voudrais pouvoir te le dire clair comme du noir sur blanc, en belles lettres définies. J’voudrais te vouloir comme dans un film noir et blanc où tout n’est pas toujours facile mais où ça finit toujours bien. J’aimerais ne pas juste te parler dans le noir mais te voir aussi quand il fait clair, j’aimerais ça ne pas avoir à attendre que mon écran s’allume dans la nuit. T’es mon fifty fucking shades of grey. J’aimerais ça que tu ne me rendes pas grise, que notre contact ne me ternisse pas. Mais en même temps, peut-être que c’était toi qui était pur à la base, et que je suis celle qui te rajoute une couleur cendrée. Qui fait du gris en glissant mon doigt sur ta peau comme d’la peinture noire sur un fond de blanc pas encore sec. Un gris ne redeviendra jamais totalement blanc, alors que le noir est si facile à obtenir.

Peut-être aussi que nous étions tous les deux blancs, intactes, sans tache, mais que nous nous sommes rencontrés dans une zone obscure et qu’on s’y ait laissé imprégner. Nous sommes nuageux, et je ne suis pas capable de dire s’il va pleuvoir ou si ça va tout simplement passer. Je feel grise chaque fois que je dois attendre de savoir si tu vas mettre un peu de couleur dans ma journée. Mon cœur, mon corps se solidifient, deviennent couleur pierre, je me torture, je deviens fade à t’attendre. On dit que le gris est une couleur neutre pourtant, nous ne le sommes définitivement pas. Nous sommes sûrement teintés d’une autre couleur aussi.

Mais dans le noir et blanc, les traits sont plus difficiles à voir, c’est les nuances de gris qui font de tes traits quelque chose de spécial, qui ferait l’ombre de ta main juste avant que tu la dépose sur mon corps. Dans le noir et blanc, il n’y a pas non plus l’imaginaire où je te rejoins, où les choses que l’ont fait et que l’on se dit ne sont pas nécessairement bien, mais pas nécessairement mal non plus.

Je me vois mal chialer sur le gris alors que c’est là qu’on se retrouve, à mi-chemin entre le blanc et le noir.

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