Comme cette relation, ce texte n’a pas encore de titre

pruestent-five
Crédit : Prue Stent

J’t’ai laissé m’approcher avec l’inquiétude d’un animal qui n’avait jamais été caressé de la bonne façon. C’est pas mal tout le temps ma façon de faire, d’faire mes yeux effrayés devant la main qui se tend vers moi. De plus en plus même. Alors, quand t’as essayé de me tenir la main plutôt que la cuisse, j’me suis aperçue que j’étais pas habituée. Pas habituée d’être un cœur ambulant, plaies and all. J’suis celle qui crache sur le cute, qui dit sans cesse à quel point c’est lame, les émotions pis toute. Ça devient de plus en plus clair que c’est parce que ça m’effraie tellement. Ça devient de plus en plus clair que j’suis pas plus immunisée que n’importe qui d’autre.

J’suis le système immunitaire le plus faible essayant de fuir la plus forte des grippes.

Mais je cache mal mon jeu, une fois sur deux mettons. Y’a des jours où j’suis capable de pas stresser avec l’avenir et me sentir bien avec la zone grise et ambiguë dans laquelle on est, et d’autres fois, pas du tout. On voudrait tous être la fille chill qui s’en fout mais c’est correct d’être la fille qui veut plus des fois. C’est crissement correct d’aimer. C’est correct aussi, si t’as envie de me dire que t’as envie de me voir, au lieu d’faire des invitations pas claire sauf quand t’es trop drunk pour avoir ce filtre-là. Des fois, j’ai l’impression qu’on est tous les deux orgueilleux du sentiment. Pis d’autres fois, j’ai l’impression d’être tout seule sur mon bateau, pis toi t’es sur la terre ferme. La terre ferme de l’île-j’m’en-caliss.

J’sais pas quand est-ce que c’est devenir difficile de même de dater. Fût un temps où on m’ouvrait ben plus rapidement que ça la porte dans laquelle j’allais être invité. La porte « on va être ensemble » ou la porte du « c’tu correct si on fait juste du sexe un bout de temps jusqu’à ce que j’me tanne de toi ? ». Des fois, on dirait que tu laisses toutes les portes ouvertes, juste pour être sûr que j’remettes mon manteau ben vite si jamais finalement tu veux rien. C’est ben mêlant.

Parce que j’me vois te trouver de plus en plus cute dans tous tes gestes et tes actions, j’me vois te regarder avec les yeux en cœur quand tu fais quelque chose que j’aime. J’me vois te regarder une seconde de trop, tout le temps. J’vois la pente glissante sur laquelle je suis en ce moment pis j’suis vraiment pas sûre d’avoir les crampons adaptés. J’suis pas sûre non plus si cette ride-là, on est entrain de la faire à deux. Des fois, j’me demande si t’es pas yinke là pour me voir m’y pèter la face.

Faque au nom de toute les filles qui ont un pied chaque bord de la rive, j’aimerais ça que tu sois pas avec moi comme si j’tais une game de poker où j’suis l’adversaire qui faut pas qui devine si tes cartes sont bonnes ou pas. J’demande pas un p’tit papier avec un « veux tu être ma blonde coche oui coche non » mais au moins, une p’tite ligne directrice pour que j’arrête de tourner en rond.

Juste au moins un p’tit pouce en l’air, quand j’suis dans la bonne direction.

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